Est-il éthique de toucher le RSA ?

Pamphlet en faveur des bénéficiaires du RSA : un message à tous les détracteurs du RSA

La Sécurité Sociale était créée en 1945 et depuis cette date jusqu’en 1960 elle était gérée par les travailleurs élus. C’est ensuite qu’elle a été détricotée par l’état ainsi que par d’autres organismes incluant les mutuelles. Le budget alloué à la branche ‘famille’ (dont le RSA fait partie) est indépendant de celui alloué à la branche ‘maladie’ : “chaque année, le budget de la branche Famille est voté par le Parlement dans le cadre de loi de lancement de la Sécurité sociale” (Caf). Pour en savoir plus, lire l’article de Frédéric Blizard : “Histoire de la protection sociale en France”.

l’idée de ‘plein emploi’ est un mensonge perpétré et perpétué par une classe politique qui ne comprend rien à l’économie et qui souhaite maintenir son statut et ses privilèges. Le fait est que le gouvernement ne peut survivre sans ponctionner les travailleurs via les taxes (qui ne sont autre que du vol) et via les impôts qu’il prétend être capable de ‘gérer’ (bien sûr on sait à quel point la gestion publique est un modèle d’efficacité et d’intégrité). Tout ça pour dire que ce ne sont pas les impôts et encore moins les taxes qui permettent de faire de belles choses mais que ce sont les initiatives d’êtres humains dotés avec la bonne attitude. Le ‘Public’ existerait même sans l’État. On peut penser notamment aux collectivités privées, aux associations à but non lucratif, ou encore aux communautés auto-gérées. Et si le RSA peut encourager de telles initiatives c’est très bien. En tout cas il faut arrêter de croire que ce sont les bénéficiaires du RSA qui plombent les finances de la société alors que ce n’est pas le cas. L’argent investi à profit dans le secteur bancaire, agroalimentaire et pharmaceutique : ce sont ceux-là les financements à la source du démantèlement de notre beau pays. Le problème n’est pas que la France n’a pas d’argent mais que l’argent est obtenu d’une manière indigne et qu’il est dépensé de manière inconsciente.

Il faut sortir de cette idée stupide qui prétend qu’il n’y a que le travail payé qui contribue à la société. Un banquier, qui paye des impôts, est un individu bien plus nocif pour la société qu’un bénéficiaire du RSA. Non seulement un banquier ne créé absolument aucune valeur ajoutée : intrinsèque, mais en plus il participe à la destruction du tissu social et humain. À l’inverse, le mode de vie du bénéficiaire du RSA, dont la consommation est modérée, fait qu’il nuit beaucoup moins que la plupart des individus qui travaillent sans mesurer les conséquences de leur action au jour le jour et de leur choix en général. Et, si, en plus, le bénéficiaire du RSA plante lui même ses tomates dans son jardin, alors, pendant ce temps là il n’est pas en train de participer à la destruction massive de la planète toute entière en consommant des yaourts de supermarché labellisés Monsanto ou en achetant des tomates provenant de l’autre bout du monde. Aussi, il est nécessaire de se rendre compte que la majeur partie du véritable travail est le travail non payé. Le parent (la maman ou le papa) qui s’occupe, à temps plein ou non, d’élever ses enfants, effectue un vrai travail et pourtant sa situation n’est toujours pas considérée comme telle dans notre nation dite ‘civilisée’. C’est dire à quel point nous avons une vision déformée non seulement de la notion de “travail” mais aussi de la réalité dans laquelle on vit.

Le fait est qu’aujourd’hui, il n’y a pas d’emploi pour tout le monde et il y en aura de moins en moins à l’avenir. Ce n’est pas de travail dont nous avons besoin. Au contraire, il est du devoir de chacun de ‘trouver son occupation’ (voir : vidéo explicative). C’est de cela dont on parlera dans l’avenir ; la notion d’activité prendra alors tout son sens en cela qu’elle permettra réellement à l’homme de s’émanciper de cette condition d’ ‘esclavagisme moderne’ dans laquelle il vit actuellement, consciemment ou inconsciemment. “Pire qu’esclave est l’esclave qui s’ignore” (Aristote). La ‘lutte contre le chômage’ est une illusion (et une belle connerie). Il n’y a pas besoin de se ‘battre’ pour la sauvegarde de certains emplois avilissants, inutiles ou automatisables. Idéalement, le but est de supprimer à terme ces emplois ‘fictifs’ : emplois de peu d’intérêt. Dans ces termes, on peut voir le RSA comme étant un outil qui permet d’aller dans ce sens et qui permet d’effectuer en souplesse une telle transition.

Notons, au passage, que les avancées technologiques (tout comme les avancées sociales) ne sont pas le fruit de l’état. Les avancées technologiques ou scientifiques ne sont même pas le fait de la ‘société’ mais sont bien le fruit, très majoritairement, de quelques personages, presque inévitablement, considérées comme étant des marginaux, et qui allaient à contre-sens de la croyance populaire. Rien que dans le domaine scientifique : Nikola Tesla, Niels Borg, David Bohm, Allan Turing, Albert Einstein (pour n’en citer que quelques-uns) ont tous été traités de “fou” à un moment donné de leur existence, alors qu’ils effectuaient, confinés dans leur atelier, des recherches qui allaient révolutionner la physique.

Quoiqu’il en soit : si un individu souhaite payer plus d’impôts, c’est son droit. Cependant ce même individu devrait réfléchir à la nature de son argument puisque payer plus d’impôt implique de devoir gagner plus. Et ‘gagner plus’ implique la nécessité d’être davantage productif, ou : travailler plus. Mais surtout, Être davantage productif est trop souvent synonyme de détruire la planète un peu plus : la production de l’homme est liée à l’extraction de resources naturelles, lesquelles sont limitées, et cela il le fait aux moyens d’énergies qui polluent. La seconde option revient tout simplement à prendre le job de quelqu’un d’autre. Au final, payer plus d’impôt ne revient pas à ‘contribuer pour la société’ mais au contraire, sachant les conditions du marché néocapitaliste tel qu’on le connait, revient à renflouer les poches de ces politiciens véreux et maintenir du même coup un état corrompu au pouvoir.

Finalement, après avoir réfléchi sincèrement à tout ce qui vient d’être énoncé, si quelqu’un à quelque chose à dire contre le fait de bénéficier du RSA, qu’il le dise, mais qu’il me donne des arguments qui tiennent la route. À l’inverse, tenter d’imposer aux autres sa ‘vision’ lorsque celle-ci manque cruellement de clarté et de consistance, est simplement pareille à l’instauration d’une dictature : c’est pareille à de la propagande. D’ailleurs c’est de ce même concept de propagande que nous vient le merveilleux concept de ‘marketing’. Et, étonnamment, dans notre belle France, alors qu’on ne trouve plus guère de ‘travailleurs’ (au sens : de gens qui se cassent littéralement le dos), en revanche, on ne manque pas trouver à tous les coins de rue des cols blancs : ceux-là qui prônent les bienfaits, et utilisent tous les jours cet outil, du marketing, et qui, schizophréniques qu’ils sont, pensent qu’ils sont des êtres ‘doués de moralité’ ; autant dire, une blague.

Pour finir, qu’un bénéficiaire du RSA cherche ou ne cherche pas du travail, ça ne change rien au problème car le problème ne vient pas de là à la source. Et, donc, que M. Tarte Tatin, bénéficiant du RSA, soit en voyage ou soit en train de végéter comme un rat mort dans son pavillon délabré de la banlieue ouest, on s’en fiche car ça ne change rien pour ‘le système’. Ah, si, éventuellement, le fait qu’il voyage le sortira probablement de sa dépression et au final il coûtera beaucoup moins cher à la sécurité sociale, justement. En effet, ce qui coûte cher à la sécurité sociale ce ne sont pas les actes de chirurgies réparatrices extrêmes employant de gros moyens (car ils sont rares) mais sont plutôt l’ensemble que constitue tous ces ‘petits actes réguliers’ et généralement bénins. Néanmoins, il faut bien se rendre à l’évidence que si ces actes n’étaient pas prescrits, il y aurait alors moins de finance allouée à la sécurité sociale ; moins de médecins et d’infirmières, aussi.

Pendant que j’y suis, ce qu’on appèle ‘le trou’ de la sécurité sociale, en réalité, n’en est pas un. C’est un investissement comme un autre mais la vision néocapitaliste veut faire croire que tout ce qui relève du public “est forcément payé par le privé et donc représente une perte”. Bon, en réalité ça n’est pas comme ça que ça marche, mais ai-je vraiment besoin de faire un cours d’économie à des détracteurs qui se targuent d’en savoir plus que les banquiers ? Peut-être, oui, puisque la grande majorité des ‘économistes’ sont des marchants incultes de la doctrine capitaliste et ont perdu pied avec la réalité ; et la plupart des détracteurs ne sont que de vulgaire copistes assénant des arguments qu’ils n’ont pas pris la peine d’étudier eux-même. Alors, restons simples. La réalité est que, tel qu’on la vu dans l’exemple du banquier et du bénéficiaire du RSA, ainsi que dans l’exemple de la maman qui élève ses enfants, celui qui ne ‘créé pas d’argent’ à proprement dit, n’est pas pour autant quelqu’un qui ne participe pas à la société. L’argent est simplement un concept, une illusion. Remplacez le par des noisettes si vous voulez et vous verrez qu’il n’a pas plus de valeur en soi que ce qu’il vaut au kilo selon ce que l’on peut en faire avec dans la pratique : un tuyau de gouttière, un nouvel évier ?

L’argent n’est autre qu’un jeu d’écriture entre les companies privées et l’organe public. L’effort du médecin travaillant dans le secteur public ne vaut-il rien simplement parce qu’il ne ‘créé pas d’argent’ ; eh oui, puisqu’on a dit que l’argent vient du privé, il faut être cohérent ? Il faut bien comprendre que l’argent est une devise d’échange et l’organe public redistribue cette monnaie d’échange entre tous les travailleurs (enfin, pas tout à fait, comme on l’a vu). Quoi qu’il en soit, la vraie valeur ajoutée vient de l’effort de chacun et n’est absolument pas liée aux jeux d’écriture du système monétaire en soi. De fait, le soit-disant ‘trou’ de la sécurité sociale n’en est pas un. Tout comme les ‘milliards de dettes’ font partis du système financier tel qu’il a été conçu délibérément par la corporation des banquiers afin de maîtriser les flux monétaires et de contrôler la redistribution des richesses, à leur profit (Traités de Maastricht, 1973)(La stratégie de la défaite, Annie Lacroix-Riz). Autrement-dit, ces dettes sont des ‘obligations’ que les travailleurs ‘doivent rembourser’ aux banquiers car les banquiers ont précisément créé cette situation de dette afin de maîtriser les travailleurs et profiter injustement du fruit de leur travail.

Pour toutes les raisons qui ont été citées il est très clair que l’on ne peut pas faire ce genre de raccourcit qui consiste à dire que toucher le RSA c’est prendre l’argent de ceux qui ont besoin de se faire soigner, car ne n’est pas le cas. On ne pourra pas dire non plus que toucher le RSA c’est voler le travail des autres car ça non plus ce n’est pas vrai. Par-ailleurs, il est bon de savoir qu’aujourd’hui on parle un peu partout en Europe, et même ailleurs, d’instaurer le RBI (“Revenu de Base Inconditionnel“) ; (Voir aussi : “Le Salaire à Vie” de Bernard Friot). Je vous invite à vous renseigner sur ce projet car vous pourriez apprendre quelque chose. Vous pouvez lire mon autre petite gueulade ici : Comprendre les enjeux du revenu de base universel

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  1. Pingback: Comprendre les enjeux du revenu de base universel | { adnspirit } Tibby,

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